Le Dogme
Par LuNa le mercredi 28 mars 2007, 09:43 - Foi chrétienne - Lien permanent
Le dogme est une règle de foi. Deux éléments constituent la qualité dogmatique d'une assertion ecclésiale : son appartenance à la Parole de Dieu connue par la Révélation ; sa proposition dans l'Église et par l'Église.
Le dogme n'ajoute rien à la Parole de Dieu, il est la Parole de Dieu telle qu'elle est entendue et reçue dans l'Église.
Fondement du dogme : la Révélation
La Révélation est la Parole que Dieu adressée aux hommes. Elle est explicitée dans l'Ancien Testament par les Prophètes pour atteindre son sommet dans le Christ (He 1,1). Le Christ nous a dit, par ses actes et par ses paroles, tout ce que nous devions savoir de Dieu, de l'homme et du monde ; aussi l'Évangile est-il ce qu'il y a de plus définitif dans la Révélation.
Le Christ a confié aux Apôtres, témoins privilégiés de sa vie, la mission impérative de nous transmettre son message. Dans cette transmission, ils ont été aidés par l'Esprit que Jésus leur avait promis (Jn 14,26) et qu'ils ont reçu à la Pentecôte (Ac 2,1-4). L'Esprit-Saint les a aidés non seulement dans l'affermissement de leur foi et de leur courage, mais aussi dans la transmission du message du Christ afin d'illuminer de clartés nouvelles ce qu'il avait dit. « L'Esprit de vérité », dit Jésus dans ses adieux aux Apôtres, « vous introduira dans la vérité tout entière » (Jn 16,13).
Après les Apôtres, le temps de la Révélation est terminé, le dépôt révélé est clos. C'est à l'Église, héritière des Apôtres et du dépôt révélé, à comprendre et à interpréter la Parole de Dieu sous la mouvance du Saint-Esprit toujours présent dans l'Église.
Le dogme fondamental et les dogmes
Dès l'origine du christianisme, il y a une vérité révélée, un dogme, une règle de foi nettement affirmée dans le Nouveau Testament. Ce dogme, fondamental c'est l'existence de la Sainte Trinité : Dieu est Père, Fils et Esprit.
Autour de ce noyau fondamental se groupent d'autres assertions essentielles. C'est tout ce qui touche à la vie, à la passion, à la mort et à la résurrection du Christ ; c'est aussi la résurrection des morts et le jugement à la fin des temps (Symbole des Apôtres).
Par la suite, en réponse aux hérésies qui se font jour, l'Église réaffirme et précise sa règle de foi. Comme le dit saint Paul (1 Co 11,19) « Il faut qu'il y ait des scissions parmi vous pour permettre aux hommes qui ont fait leurs preuves de se manifester parmi vous ». Les doctrines hérétiques servent, en effet, au progrès doctrinal de l'Église.
Il arrive que ce progrès doctrinal provienne de l'Église elle-même car elle est à l'écoute de ses membres et des hommes, elle est attentive aux « signes des temps », à l'évolution des idées et des faits qui se passent dans le monde et à la réponse qu'elle a mission de donner aux multiples questions qui se posent.
Mode d'expression du Magistère
Le Magistère de l'Église possède trois modes d'expression : le Magistère ordinaire et universel, le Magistère extraordinaire, le Magistère simplement ordinaire.
Le Magistère ordinaire et universel est constitué par la prédication unanime des évêques successeurs des Apôtres ; il est dit universel pour signifier l'unanimité de l'enseignement des Églises locales. Il porte sur la totalité du dépôt de la Parole et s'exprime dans la catéchèse et la liturgie. Il jouit de l'infaillibilité.
Le Magistère extraordinaire s'exprime lors d'un Concile oeucuménique, un concile qui rassemble ou intéresse toutes les Églises locales lorsqu'il est difficile autrement de procéder à une vérification incontestable de l'unanimité de ces Églises. Il groupe tout le Collège des évêques en communion avec le Souverain Pontife. Comme le Magistère ordinaire et universel, il possède l'infaillibilité, mais son mode d'expression se manifeste plus solennellement. Le Magistère extraordinaire s'exprime aussi par la voix personnelle du Souverain Pontife. Le Pape, dans la proclamation de la vérité catholique, possède en vertu des promesses du Seigneur, le même charisme d'infaillibilité lorsqu'il parle ex cathedra c'est-à-dire « lorsque, dans l'exercice de sa charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens et qu'en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la foi ou les moeurs doit être tenue par l'Église pour vraie par l'Église universelle » (Vatican I).
Le Magistère ordinaire est celui par lequel chaque évêque dans son diocèse propre et le Pape pour tous les chrétiens proclament la Parole de Dieu. Il constitue, sur le plan pastoral, un critère dérivé de la Tradition ; il diffuse l'enseignement du Magistère infaillible et l'adapte aux circonstances. A ce Magistère se rattachent les encycliques pontificales. Leurs enseignements, sans être irréformables comme tels, possèdent une valeur plus qu'indicative. Le fidèle doit les suivre et ne peut rien écrire ou approuver qui leur soit opposé, bien que sa foi ne soit pas directement engagée. Après les encycliques et avant les allocutions et les discours du Pape, il faut placer les décrets du Saint-Office approuvés et signés par le Souverain Pontife lui-même, dans leur forme spécifique.
Quelques précisions
A propos du mot dogme. Dans l'Église des trois premiers siècles, les Pères utilisent le mot dogme au pluriel - dogmata - pour désigner tout ce qui s'impose à la croyance et à la pratique du chrétien. Au Moyen Age, on utilise le terme article de foi. Au concile de Trente, le mot désigne un règle fixe, une vérité sûre dans l'ordre de la foi. Le sens strict, employé actuellement, est fixé au premier Concile du Vatican, le XXe Oecuménique, c'est : « la proclamation authentique par le Magistère de ce qui est contenu dans l'Écriture ».
A propos de l'infaillibilité. Le Magistère ordinaire et universel et le Magistère extraordinaire, en ce compris le Pape parlant ex cathedra, jouissent de la garantie de l'infaillibilité. Les vérités qu'ils énoncent en s'appuyant sur cette garantie sont dites de foi définie. Les manifestations du Magistère ordinaire, telles les encycliques pontificales, énoncent sur les questions que se posent les hommes de telle ou telle époque, des vérités appelées de foi ou de foi catholique. Bien qu'elles ne soient pas infaillibles dans toute leur extension, l'assistance de l'Esprit Saint à son Église est pour le fidèle un motif de les suivre.
Quant aux formulations dogmatiques, l'Église les énonce simplement et succinctement en la langue ordinaire du temps où elle parle. Le catholique peut y voir clairement que demeure et vit la Révélation que Dieu fit à son peuple. Lorsqu'un dogme est solennellement promulgué, la vérité explicitée de la sorte est absolument définitive et nul chrétien ne peut la mettre en doute sans cesser d'être fidèle au Christ.