ÉdL : Ce retour a une valeur symbolique parce que les Dominicains ont façonné la vie religieuse à Liège pendant des siècles...

D.C. et P.C. : C'est vrai. L'ordre a été officiellement reconnu en 1216 par le pape Honorius III, saint Dominique est décédé en 1221 et nous sommes arrivés à l'invitation de l'évêque de Liège de l'époque en 1232, à l'endroit où se situe actuellement l'Opéra de Wallonie. Cette présence a été ininterrompue jusqu'à la Révolution française, quand nous avons été expulsés de la Principauté, comme tous les autres ordres religieux. Nous sommes revenus en 1905 pour nous installer quai Mativa. Faute de combattants, nous avons dû quitter en 1987, mais nous avions promis que, le jour où nous aurions des vocations, Liège serait en ligne de mire de nos projets pastoraux. Ce qui est donc le cas actuellement.

De nos jours, il est plutôt rare qu'un ordre monastique crée de nouvelles implantations. Qu'est-ce qui vous a motivé à venir à Liège ?

C'est avant tout une invitation lancée par l'évêque de Liège lors d'une grande fête à Saint-Martin de Liège en 2005. Après l'avoir rencontré à plusieurs reprises, nous avons compris qu'effectivement, il y avait du travail pour nous ici. En même temps, nous nous sommes implantés à Louvain-la-Neuve, ce qui a entraîné la fermeture de notre communauté à Rixensart. Dans les deux cas, nous retournons donc dans des villes où l'enseignement universitaire et supérieur est bien présent, et nous retrouvons ainsi notre vocation première d'être auprès des jeunes et de participer à la formation et à l'annonce de la Bonne Nouvelle dans le monde d'aujourd'hui.

Que ferez-vous concrètement à Liège ?

Nous arrivons dans un milieu que nous ne connaissons pas véritablement. Tout est à créer. Trois frères sur sept travailleront dans le monde universitaire et dans l'enseignement supérieur. Mais il y a aussi la pastorale urbaine du centre-ville, à partir de l'église et de la communauté Saint-Jean-l'Évangéliste. Certains frères travailleront aussi au Vicariat de la Formation.

Didier Croonenberghs, vous avez 31 ans. On a donc choisi le membre le plus jeune comme responsable de la communauté de Liège. N'est-ce pas étonnant ?

Oui et non. C'est un pari lancé par les frères et un signe de confiance dans l'avenir, sans repli sur ce qui a été fait dans le passé. Il faut dire aussi que les deux derniers Maîtres de l'Ordre avaient moins de quarante-cinq ans quand ils ont été élus pour être à la tête de tous les Dominicains du monde. Nous ne sommes pas atteints de « jeunisme », mais si on veut qu'un ordre soit dynamique et puisse répondre aux enjeux du monde actuel, il faut choisir ceux qui sont le plus impliqués dans ce monde.

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