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Le paradoxe du Mal

L’existence du mal n’a cessé de hanter la chrétienté et on sait le parti que l’athéisme contemporain a su en tirer… Que me disent, en effet, de nombreux jeunes, sinon ce que Camus, après tant d’autres, criait dans la Peste ? Un enfant agonise dans les pires souffrances et le P. Paneloux, pris d’un vertige d’horreur, ne trouve rien à répondre à ceux qui le somment de rendre compte de ce scandale. Comment un Dieu dont on se plaît à célébrer l’infinie bonté peut-Il vouloir ou seulement tolérer cette horreur ? Ceux qui sont familiers de l’œuvre de Dostoïevski savent que c’est également l’argument, unique autant que décisif, d’Ivan, dans sa conversation avec le pur Aliocha. En bref, l’existence du Mal suffit à infirmer jusqu’à l’idée de Dieu. Se rappelle-t-on la réponse d’Aliocha ? Au lieu de discourir, d’argumenter, il se lève, blême d’épouvante, pour baiser la bouche de son aîné. Ce serait aussi la réponse que je voudrais faire au jeunes qui me sont confiés, si je ne craignais de les conforter dans le sentiment qu’il n’existe aucune réponse à cet argument-là et que, devant l’innocent sacrifié, le chrétien ne peut que se taire, accablé. Or, Aliocha garde le silence non par impuissance, mais par secrète terreur, conscient que ce domaine, celui du Bien et du Mal, plonge dans le plus insondable mystère, celui-là même qu’il fut ordonné au premier homme de ne jamais vouloir percer.

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Ceux qui prennent part à la fraction du pain…

Ceux qui prennent part à la fraction du pain savent ce qu’ils peuvent accomplir avec elle, et ce qui demeure, sans elle, au-dessus de leurs forces.

François Mauriac
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Une beauté nourrie de vertu

« On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments »

Rien n’est plus faux que cet axiome de Gide. La littérature est remplie de chefs-d’œuvre qui exaltent les bons sentiments. Il suffit de rappeler Sophocle et Corneille, Dante et Dickens, Péguy et Soljenitsyne. Ce chantage à l’immoralisme a prodigieusement réussi. Un terrorisme s’est installé qui déniait toute valeur à un art soucieux d’éthique, à une beauté nourrie de vertu.

Les plus sots se sont piégés comme Gide lui-même en croyant faire de la bonne littérature avec de mauvais sentiments. Ils sont tombés dans le travers qu’ils dénonçaient chez les autres : l’édification à rebours après l’édification niaise.

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BWV 971 « Andante »

« Andante » ( 2nd mouvement) du Concerto italien en fa majeur BWV 971 de Jean-Sébastien Bach. par Nate Koch (piano)

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Billets En passant

Joyeux Noël !

Je me suis souvent demandé qui ils pouvaient bien être ces hommes de bonne volonté. Le langage courant n’est pas très amène avec eux : quand on dit d’un enfant qu’il est « plein de bonne volonté », c’est avec une nuance de commisération laissant entendre qu’il ne faut pas lui en demander plus.

Et si justement « les hommes de bonne volonté » étaient ceux-là mêmes qui, ouverts à l’amour de Dieu, se reconnaissent pauvres en moyens, attendant tout d’une force venue d’en haut ?

Et si « la bonne volonté » commençait de se manifester lorsque l’on abandonne tout pouvoir pour devenir des serviteurs de la paix ?

N’est-ce pas là le sens de la crèche de Noël ? Le lieu de l’alliance entre la plus extrême faiblesse — qui a-t-il de plus fragile qu’un nouveau-né surtout dans des conditions matérielles difficiles — et de la plus grande puissance qui soit : l’amour vivant de Dieu.

Si nous sommes « de bonne volonté », Dieu se servira de notre faiblesse pour faire de nous les plus efficaces des artisans de paix.

De tout cœur, je vous souhaite un joyeux Noël et une heureuse année 2020.

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Le temps…

Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.

Paul Morand
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Islamophobie : intoxication idéologique

Philippe d’Iribarne : « On disqualifie toute interrogation des aspects problématiques de l’islam » — Dans un essai captivant paru au printemps, Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des cultures nationales, démonte les travaux qui accusent les sociétés occidentales d’« islamophobie ». À lire sur lemondedesreligions.fr →

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La certitude et le doute

On paie toujours l’accaparement des certitudes. Elles sont faites pour être libres. On ne les détient pas comme un objet. Elles se reçoivent comme une grâce. Celui qui croit en disposer à son gré les durcit au point qu’elles périssent. Vient un jour où, loin de le soutenir, leur poids mort lui fait faire la culbute.

Il fut un temps où l’Église, dans ses pasteurs et ses fidèles, affichait une foi non seulement totale, mais vaniteusement sûre de soi et massivement dominatrice. Les chrétiens possédaient la vérité au lieu d’être possédés par elle. Ils avaient barre sur elle. L’Esprit-Saint ne pouvait leur échapper, car ils en étaient propriétaires.

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La sagesse commence par…

La sagesse commence par l’acceptation de l’inévitable et se poursuit par la juste transformation de ce qui peut l’être.

Frédéric Lenoir, « Petit traité de vie intérieure »
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Reprise de la « Panthère rose » par cinq contrebasses

Intéressante reprise du célèbre thème de la « Panthère rose » d’Henry Mancini par le contrebassiste Croate Božo Paradžik et quatre de ses talentueux étudiants.

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Fraternité cosmique

Il fut un temps où les anges ne m’intéressaient pas et où je voyais tout au plus dans leur mention une manière désuète et gracieuse de parler de l’invisible. Je n’avais rien contre eux, mais je ne croyais pas à leur existence. Peut-être réagissais-je aussi à une concurrence déloyale qu’une certaine hagiographie leur faisait faire à l’humanité. Délestés de tout poids charnel, on les offrait en exemple. Mais qu’avaient-ils de commun avec notre substance ?

Je renvoyais ces créatures diaphanes à leur évanescences et, plutôt que de me lier à des courants d’air emplumés, préférais la compagnie terreuse de mes semblables.

J’ai commencé à changer d’avis devant une difficulté croissante, qui engendrait progressivement une évidence : comment tout le mal et le bien qui se font dans la création peuvent-ils être attribués uniquement à notre race ?

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En passant

Un peu d’eau…

Cette parole d’un prêtre m’accompagne vers l’Office, ce matin : « Fraternellement unis dans dans un même chantier d’Église à naître… » Alors sur mon petit chantier à moi, silencieux et obscur, qui est de partout et de nulle part, j’ai retrouvé l’entrain des beaux jours. Je ne peux manier ni la pelle ni la pioche, et je ne sais pas faire de plan, mais je puis au moins apporter un peu d’eau et désaltérer ceux qui travaillent plus que moi.