Islamophobie : intoxication idéologique

Philippe d’Iribarne : « On disqualifie toute interrogation des aspects problématiques de l’islam » — Dans un essai captivant paru au printemps, Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des cultures nationales, démonte les travaux qui accusent les sociétés occidentales d’« islamophobie ». À lire sur lemondedesreligions.fr →

La certitude et le doute

On paie toujours l’accaparement des certitudes. Elles sont faites pour être libres. On ne les détient pas comme un objet. Elles se reçoivent comme une grâce. Celui qui croit en disposer à son gré les durcit au point qu’elles périssent. Vient un jour où, loin de le soutenir, leur poids mort lui fait faire la culbute.

Il fut un temps où l’Église, dans ses pasteurs et ses fidèles, affichait une foi non seulement totale, mais vaniteusement sûre de soi et massivement dominatrice. Les chrétiens possédaient la vérité au lieu d’être possédés par elle. Ils avaient barre sur elle. L’Esprit-Saint ne pouvait leur échapper, car ils en étaient propriétaires.

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Fraternité cosmique

Il fut un temps où les anges ne m’intéressaient pas et où je voyais tout au plus dans leur mention une manière désuète et gracieuse de parler de l’invisible. Je n’avais rien contre eux, mais je ne croyais pas à leur existence. Peut-être réagissais-je aussi à une concurrence déloyale qu’une certaine hagiographie leur faisait faire à l’humanité. Délestés de tout poids charnel, on les offrait en exemple. Mais qu’avaient-ils de commun avec notre substance ?

Je renvoyais ces créatures diaphanes à leur évanescences et, plutôt que de me lier à des courants d’air emplumés, préférais la compagnie terreuse de mes semblables.

J’ai commencé à changer d’avis devant une difficulté croissante, qui engendrait progressivement une évidence : comment tout le mal et le bien qui se font dans la création peuvent-ils être attribués uniquement à notre race ?

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Un peu d’eau…

Cette parole d’un prêtre m’accompagne vers l’Office, ce matin : « Fraternellement unis dans dans un même chantier d’Église à naître… » Alors sur mon petit chantier à moi, silencieux et obscur, qui est de partout et de nulle part, j’ai retrouvé l’entrain des beaux jours. Je ne peux manier ni la pelle ni la pioche, et je ne sais pas faire de plan, mais je puis au moins apporter un peu d’eau et désaltérer ceux qui travaillent plus que moi.

The Lord is my Shepherd

Tony Hardie-Bick (instruments) & Gideon Wagner (voix). « The Lord is my Shepherd » (Psaume 23). The Spirit.

« The Spirit » est une méditation musicale sur des textes anciens. Les mélodies ont été créées en utilisant une instrumentation « naturelle » comprenant : voix, filtres analogiques, violon et flûte. La langue dans laquelle les textes sont chantés est la même que celle dans laquelle ils furent rédigés il y a deux ou trois mille ans, bien que la prononciation exacte des mots d’origine reste mystérieuse et ait varié au cours de l’histoire.

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

Psaume 22(23)

Crédit photoCreative Common

Nos plus vieux mots

La « Nuit des temps » sait ce qu’elle dit : le passé, dans ses profondeurs, nous est inaccessible. Que savons-nous des premières tribus qui arrivèrent en Europe et s’y répandirent ? Peuples primitifs, plus étrangers que tous les étrangers ; le temps sépare plus que l’espace, qui n’est pas invincible : nous pouvons rejoindre d’un coup d’avion les aborigènes d’Australie et, de surcroît, vérifier que la civilisation met des montres au poignet des sauvages. Mais les millénaire dressent une infranchissable muraille entre nous et ces gens des commencements de l’histoire, peu initiés à l’écriture, et qui n’ont laissé que de faibles traces d’eux-mêmes. Que pensaient-ils ? Que se disaient-ils ? Les pierres qu’ils amoncelèrent, les fragments d’outils que nous regardons dans les musées ne dissipent pas beaucoup leur énigme.

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