L’aveu

Il y a toujours eu une pudeur à parler des choses profondes. Sentiments où se mêlent la crainte et l’amour de ce qui, au-delà de nos vies, dans le tréfonds de l’être, nous fait vivre. On a peur de froisser un secret, de ternir une fraîcheur, de porter atteinte à une intégrité. Une certaine qualité d’âme s’évapore lorsqu’on y touche. Une densité du cœur se dilue lorsqu’on l’expose à tout venant. L’homme a besoin d’échapper à autrui et de s’échapper à lui-même pour exister vraiment. Il lui faut en son centre une réserve d’inconnu, d’inexploré, pour ne pas courir le risque d’être vidé de soi. Tel un puits, il a la hantise de tarir.

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Al mawt alina haqq

Il s’en est allé, Noureddine, mon ami. Il s’en est allé, moustache la première, visage raviné comme les paysages de sa terre natale. Il s’en est allé le vieux sage, paisible, sourire au lèvre, tenant entre les mains une carte postale froissée : soleil levant, ciel rose, rochers roses…

En lui disant adieu je n’ai pu m’empêcher de penser à cette histoire qu’il me racontait entre deux gorgées de thé à la menthe. Alors que Jésus arrivait devant une montagne, celle-ci se mit à pleurer. Qu’as-tu, ô montagne, lui demanda-t-il ? Et elle de répondre : je suis la montagne dont on sculptait les idoles

Il s’en est allé Noureddine : Hada ma cha’Allah !


Illustration : Cappadocia, galerie Flickr de Dan.