Castelluna

Étiquette : amour

On imagine le croyant comme ayant la vue claire, la certitude fixe, éblouissante, inébranlable ; alors que la foi est une certitude obscure qui compense l’obscurité par un acte de volonté, ou plutôt un acte d’amour.

Jean Guiton, « Sagesse »

La faim du sens

A l’encontre de ce qu’on dit parfois, l’Église a manqué rarement de charité. Au XIXe siècle en particulier, son embourgeoisement ne l’a pas empêchée d’être sensible à la misère et d’y porter remède autrement qu’en vœux pieux.

Chaque chrétien, bien sûr, a été à un moment ou à un autre coupable de lâcheté, détournant le regard de son prochain en difficulté. Mais les mystérieuses compensations de la grâce ont fait que l’incurie des uns était souvent rachetée par la sollicitude des autres …

Plutôt que de charité, l’Église a manqué d’intelligence, de réflexion, de culture. Elle a renoncé à penser ce qu’elle vivait, aveuglement qui a conduit sa charité à entretenir le mal au lieu de le guérir.

Poursuivre la lecture

Fraternité cosmique

Il fut un temps où les anges ne m’intéressaient pas et où je voyais tout au plus dans leur mention une manière désuète et gracieuse de parler de l’invisible. Je n’avais rien contre eux, mais je ne croyais pas à leur existence. Peut-être réagissais-je aussi à une concurrence déloyale qu’une certaine hagiographie leur faisait faire à l’humanité. Délestés de tout poids charnel, on les offrait en exemple. Mais qu’avaient-ils de commun avec notre substance ?

Je renvoyais ces créatures diaphanes à leur évanescences et, plutôt que de me lier à des courants d’air emplumés, préférais la compagnie terreuse de mes semblables.

J’ai commencé à changer d’avis devant une difficulté croissante, qui engendrait progressivement une évidence : comment tout le mal et le bien qui se font dans la création peuvent-ils être attribués uniquement à notre race ?

Poursuivre la lecture

La grâce chuchotée

Tout le jour nous avions médité sur les problèmes de la famille post-moderne. Le soir nous inclina à des réflexions plus ardues : Qu’est-ce qu’aimer ? Comment aimer ? Je me méfie depuis longtemps de ces prédications, irréelles à force de convoiter l’absolu : « Aimez autrui autant et plus que vous ! Servez-le ! Sacrifiez-vous pour lui ! ». Si l’adolescent est totalement soumis aux parents, si les parents subissent patiemment l’insulte des enfants, si la mère se meurtrit en d’aveugles dévouements, il n’y a pas d’amour dans ces familles, dont on puisse se féliciter. Il y a l’abus et il fait des victimes. Cette gratuité de nos offrandes, ce désintéressement suprême réclamé à nos actes est peut-être la plus haute inspiration du christianisme, mais ils ont prêté à de lourdes équivoques. Le pauvre, le subalterne, l’opprimé et tout faible ont été priés d’accepter les misères imposées par le fort comme des instruments d’amour et de salut.

Poursuivre la lecture

L’intelligence est vaincue dès que l’expression des pensées est précédée, explicitement ou implicitement, par le mot « nous ». Et quand la lumière de l’intelligence s’obscurcit, au bout d’un temps assez court l’amour du bien s’égare.

Simone Weil, L’Enracinement

« Amoris Lætitia »

Signée par le pape François le 19 mars et publiée officiellement le 8 avril 2016, voici l’intégralité de l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Lætitia (« La joie de l’amour »), « sur l’amour dans la famille », qui marque l’aboutissement de deux ans de travaux du synode des évêques sur les questions de pastorale familiale.

Copyright © 2020 Castelluna

Thème par Anders NorenHaut ↑