Fraternité cosmique

Il fut un temps où les anges ne m’intéressaient pas et où je voyais tout au plus dans leur mention une manière désuète et gracieuse de parler de l’invisible. Je n’avais rien contre eux, mais je ne croyais pas à leur existence. Peut-être réagissais-je aussi à une concurrence déloyale qu’une certaine hagiographie leur faisait faire à l’humanité. Délestés de tout poids charnel, on les offrait en exemple. Mais qu’avaient-ils de commun avec notre substance ?

Je renvoyais ces créatures diaphanes à leur évanescences et, plutôt que de me lier à des courants d’air emplumés, préférais la compagnie terreuse de mes semblables.

J’ai commencé à changer d’avis devant une difficulté croissante, qui engendrait progressivement une évidence : comment tout le mal et le bien qui se font dans la création peuvent-ils être attribués uniquement à notre race ?

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Icône de la Sainte Trinité d’André Roublev

Icône de la Trinité de Roublev
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Un moine russe du XVIe siècle, pénétré de la beauté du vrai et de sa force salutaire, a peint, dans la contemplation et la ferveur cette icône de la Sainte Trinité, qui rayonne au-dessus de toutes les tristesses humaines. Dans cette image inoubliable de Roublev, la divinité apparaît encore sous le voile majestueux de la forme angélique, et cependant, au regard intérieur, tout le mystère est ici déjà manifesté.

Trois personnes se présentent à nous ; la sympathie, visiblement, les unit, une mutuelle compréhension règne sur leur sublime entretien. En harmonie avec elles, le chatoiement des surfaces, des formes et des couleurs est comme un reflet de la lumière inacessible elle-même qui, réfractée par la matière, semble transfigurer notre domaine ici-bas : des fils d’or d’une splendeur céleste flambent dans le rouge de l’amour, s’enfoncent dans les vivantes profondeurs de l’azur, ondulent dans le vert de la nature, du renouveau et de l’espérance. Tous les éléments se répondent dans un équilibre parfait. Chaque mouvement, ébauché dans la douceur, s’accomplit, infiniment calme, dans le repos bienheureux de l’Unité ; le mouvement parfait de la Divinité se déploie en une triple paix.

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