J’entends venir l’hiver

Par le vent d’est frappant à ma porte, par les arbres dénudés dont les ramures se plantent dans le ciel, ce matin j’entends venir l’hiver. Après l’été et son trop plein d’activités et de rencontres, après la rentrée de l’automne, voici le temps de la solitude, de la jachère, ces longs mois où je mets ma terre en repos. Je me retire quelques heures chaque jour, j’hiberne pour mieux écouter.

Je sais le privilège de ma situation. J’ai de la chance, disent bon nombre. Pas de doute. Qu’ils ne s’imaginent pas cependant que cela se fait comme par enchantement… Mais il y a bien longtemps j’ai cessé d’expliquer, de justifier. La clef de tout : tenter au maximum de ne rien mettre entre soi et son désir d’échapper à la tourmente. Un jour, une porte s’entrebâillera et vous pourrez vous y engouffrer.

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